Café Philo du 8 avril 2018 - Propos recueillis et recomposés par Paul
 
Thème du jour choisi par le public : "Quelle spiritualité pour le XXIème siècle et les temps futurs ?"

Vieille controverse du spirituel et du matériel. La spiritualité serait soit souffle, respiration, vie, soit  fidélité, confiance, foi. Le matérialisme serait scientifique, technique, historique. Il serait aussi réducteur, destructeur et tueur.
 
Avons-nous seulement une spiritualité à ce jour ? L’un affirme que NON ! Que c’est poussiéreux et dépassé. D’autres nous parlent d’expériences singulières vécues au sein de leur intimité et nous affirme divers invisibles qui se communiquent.
 
Un accord : le CORPS et l’ESPRIT ne sont pas séparés. L’Esprit est un produit de la matière.
 
Sur le marché, beaucoup de demandes du côté de la recherche de sens et une prolifération d’offres en développement personnel. Des manipulateurs déguisés en religieux avancent l’idée du dessein intelligent de l’Univers et obscurcissent 300 ans de travail d’une communauté scientifique mondiale qui étaye la thèse de l’évolution des espèces. Ailleurs, hommes et femmes sont soumis à la machine et la personne est une fonction au service de l’ordre social. La pensée et la main dialoguent.
 
Un constat : de la souffrance due aux multi-normativités de nos sociétés complexes. Les repères se sont dilués au contact de l’immense monde. Des systèmes juridiques se confrontent. Les valeurs se bousculent. Les légitimités s’émoussent. La compétition des modèles culturels fait rage. Le travail de la tolérance mutuelle est à l’œuvre. Réflexions sur les conditionnements.
 
Allons-nous faire le pari que Dieu existe puisque cela nous est bien utile ? Allons-nous nous ranger les Forces de l’Univers derrière nos ambitions ? L’esprit soignera à n’en pas douter mes angoisses d’agonisant.
 
La vérité de la nature, la validité de nos systèmes, nous dépassent. Nous avons besoin de comprendre et depuis la nuit des temps nous ne comprenons pas. Nous n’englobons pas le tout quand nous étudions minutieusement les parties. Je découvre de l’ignorance. Je suis limité et cette inquiétude  même me tourne vers une envie de transcendance, et je m’ouvre au Cosmos, à la Vie.
 
Si une spiritualité est possible au  XXIème Siècle, elle est la tâche de transmettre le don de l’amour dans un appel  qui résonne comme un ″élève-toi″. Modérément, j’ajouterais.


Café Philo du 8 juillet 2018 - Propos recueillis et recomposés par Paul
 
Thème du jour choisi par le public : "Le foot, opium du peuple ou transcendance pour le peuble"

Le football donne une certaine IMAGE du monde. Pris dans un jeu à somme nul, il y aura un gagnant et un perdant, rien n’y fera, pas de sortie égale possible, inexorablement l’un sera éliminé. Le football symbolise un monde irréductiblement compétitif. Les enjeux rendent la chose excitante. Dégager et descendre l’autre. Gagner ou mourir. On ne meurt pas vraiment, on perd seulement. On sauve l’honneur.

Ballon rond aux rebonds hasardeux, le football est guerrier en ses stratégies et tactiques. Force de réveille de pulsions, faire entrer le ballon dans le goal, pénétrer. Pas de mixité dans les équipes, des contacts bestiaux dans le cadre, de la vulgarité dans les vestiaires, de belles femmes supporters.
Des comportements primaires se frottent au jeu d’équipe et à la socialisation. L’arbitre régule l’agressivité et les affrontements sont ritualisés. C’est aussi l’occasion de faire la fête autrement qu’en mangeant, nous dit le dieu Jupiler qui veille au grain.

Animé d’un engouement fou, l’art du football élève au-dessus de soi. J’y sors de mon individualisme et m’en vais rejoindre un Club puis une masse UNE. Je m’identifie, j’hurle, je ris, je pleurs, j’ai peur. Je me fonds dans le grand animal qu’est le stade. J’y puis le meilleur ou le pire, y devenir héro ou criminel. 
Au départ, une vision de la Grèce Antique et Olympique. La conscience du corps y est extrêmement élevée et révèle des habilités enviables. C’est un élitisme d’émergence populaire. Des jeunes y trouvent un idéal, une passion qui fait rêver et avancer et aussi le plaisir de faire des choses ensemble.
L’Utopie sportive s’en trouve mal dès lors que l’énorme quantité de fric en jeu prend grassement la main, prenant soin de rémunérer chacun différemment. 


Café Philo du 9 septembre 2018 - Propos recueillis et recomposés par Paul

Thème du jour choisi par le public : "Le symbole de l'argent"


Ag, symbole du métal à la lumière pure dans le tableau de Mendeleïev. L’argent, symbole féminin associé à l’eau, à la lune, au psychisme. 5000 ans d’extraction minière et effigie à la déesse grecque Athéna. Dollar, Euro, Pound, Yen, etc.

Le thème nous porte à diverger vers son histoire ou sa fonction. Économie politique, valeur, prix, profit, capitalisme, accumulation, marchés, financiarisation, mathématisation du monde, virtualisation du réel, … Il est également tentant de disserter sur la nature des gens qui font fortune ; les riches seraient pollueurs, paranoïaques, sécuritaires ; les masses seraient confiantes dans le système.

Concentrons-nous sur notre sujet: qu’est-ce que l’argent nous évoque?
Que l’argent symbolise l’échange commercial et l’échange dans les relations humaines.

Que l’argent symbolise le pouvoir qui se joue en toutes relations humaines. FAIRE FAIRE et FAIRE TRAVAILLER.
Que l’’argent symbolise le temps de la relation humaine, l’égale mortalité. De l’argent ou du temps?
Que l’argent symbolise le bonheur dans une société consumériste. Il est la valeur pour laquelle je vote quand j’achète.
Que l’argent symbolise la Liberté ; il est l’accès au monde, à l’autonomie. Non pas recevoir mais GAGNER.
Que l’argent symbolise le principe de réalité, le matérialisme, la responsabilité de propriété ou même la possession.
Double face de la pièce, l’argent symbolise l’outil d’égalisation et l’instrument d’oppression.
Il permet de calculer l’inégalité et d’asseoir le pouvoir des maîtres.
Il investit dans le développement technologique sans le mettre au service du développement humain.

Il est le signe des bénis des dieux et le veau d’or de ceux qui seront punis par les peuples.
Enfin, le rêve de l’argent électronique. Rêve lumineux d’équité, de transparence brillante, de mise en relation du producteur et de l’acheteur.


Café Philo du 9 décembre - Propos recueillis et recomposés par Paul

Thème du jour choisi par le public : "Comment modérer la violence ?"

Nous partons du constat que la violence est omniprésente dans notre société. La violence serait naturelle, composante nécessaire de l’humanité. L’Etat est dépositaire de son monopole et notre démocratie représentative fournit le cadre de négociation à la gestion des différends.

Les médias dégorgent de violence et se vident à nous livrer de fortes doses d’anxiété.

Est-ce parce que le public consomme de la violence que le marché y répond (films, séries, Polars, NEWS, etc.), ou est-ce le choix des informations qui nourrit une représentation anxiogène du monde (culture de la violence) ?

La violence est à la fois visible et cachée, comme une fumée devant les yeux ou simplement ordinaire. Elle est autant physique que silencieuse comme la violence psychologique ou sociale.

La sourde domination pousse certains à l’attaque, Pari de la violence contre l’indifférence. Le rapport de force, ça marche parfois surtout quand on est du côté du juste. La reconnaissance négative plutôt que rien. Erreur stratégique à mon sens qui sert les privilèges.

Plaidoyer pour les artisans, techniciens, autoentrepreneurs, embourbés dans une complexité administrative et règlementaire ingérable, surtaxé et contrôlé par des institutions déconnectées de la matière et de la population.

Sentiment que les dés sont pipés, que le tirage au sort serait plus juste puisqu’il n’est plus question d’expertise mais de défense d’intérêts représentatifs. Le pouvoir du peuple doit être favorisé par ses élites politiques, pas réprimé.

Modérer, c’est-à-dire développer l’Art du juste milieu, entre la cruelle violence et le pacifisme béat, entre les black blocks et lamarche pour le climat, entre le consumérisme et l’angélisme éco. Chercher le juste milieu entre la fin du mois et la fin du monde.

La colère est une émotion fondamentale. Bien que débordante, elle est légitime. Quand l’injustice croît, que les tensions augmentent, il est temps de comprendre la violence sous ses multiples formes. Il est temps de dire sa profonde colère sans violence.
 



 

 

 
 
 



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